Par Areh Ahmed Farah

LE FRUD1, LE RPP2 ET LE MULTIPARTISME A DJIBOUTI

  «Un Peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'un ni l'autre et fini par perdre les deux». Benjamin Franklin

 La Paix c'est à la fois, la sécurité, la liberté et la justice. Elle permet l'émancipation, l'épanouisement, l'espérance, le developpement et le progrés social.

L'arbitraire, l'injustice, l'impunuté et la corruption représentent une menace et un danger pour la Paix, la stabilité et la cohésion nationle.

 Années 90: Un cap sur la démocratisation en afrique francophone

 Au début des années 1990, un vent nouveau souffle sur le continent noir. On assiste à un tournant histoirique en Afrique en général et en Afrique francophone en particulier. La chute du mur de Berlin qui signe la fin de guerre froide, a constitué le premier coup de semonce d'un monde bipolaire. Lors du sommet France-Afrique à la Baule (france), le président Français, François Mittérand dans son discours, exhorte les chefs d'Etat Africains, à l'ouverture du champs politique et l'instauration du multipartisme. Le cap est mis sur la promotion de la démocratie, des libertés d'expressions et la fin des partis uniques et l'avénement d'une nouvelle génération d'homme et des femmes politques. Le « vent de l'est » devait logiquement souffler dans les baobabs, à défaut de les déraciner.

Une mutation politique et institutionnelle devint inéluctable. Les chefs d'Etats Africains doivent impérativement engager leur pays dans la voie de la transitions politique devant conduire à la construction d'un régime démocratique. Ainsi, certains pays, contrains et forcés, se lancent dans l'organisation des conférences nationales et l'ouverture des dialogues politiques inclusifs marquant les permiers pas vers ce changement souhaité et encouragé. Des lors, les paroles se libèrent, la presse se diversifia, une société civil vit le jour.

 C'est dans un tel contexte, apriori plutôt favorable à une mutation et une transition politique par le dialogue politique, que le frud opta pour une rebellion armée.

La république de Djibouti, à peine 13 ans d'exitence en tant qu'Etat, va faire l'amère expérience d'une guerre civil avec tous les conséquences dévastatrices.

La question ici n'est pas de débattre les raisons légitime et illégitime de cette tragédie. Mais se demander précisément en quoi la guerre, cette irrédentisme fondateur a provoqué ou crée les conditions de l'émergeance d'un Etat du droit à Djibouti?

Le frud a formé et constitue aujourd'hui une alliance stratégique avec le Rpp. Une sorte de pacte pour un nouveau parti unique élargi.

 Par la ruse, le parti au pouvoir depuis 38 ans, arrive toujours, avec aisance, il faut le reconnaître, à retourner en sa faveur et saveur, les situations les plus compromises.

Habile dans l'art et la manière de traduire tout accord politique signé avec l'opposition, en une alliance stratégique. Les exemples ne manquent pas pour illustrer cet art de retournement et de détournement.

Alors, vidé de son contenu et du sens de son engagement, les partis se muent en objet politique non identifié: OPNI. C'est le prix de la compromission et du reniment, si ce n'est du fait d'une coupable naïveté.

 

 

Le pouvoir maintient, alimente l'esprit et le fonctionnement du système du parti unique qui, pour lui, doit impérativement demeurer intact et rester la référence principale, au mépris des principes de droit les plus élémentaires.

 L'émergeance d'un contre pouvoir, le pluralisme critique et politique sont vus comme porteur des facteurs potentiels de désordre. L'opposition est présentée comme une entrave, un frein au developpement et une menace pour la stabilité du pays. Un danger pour la paix. C'est le harcelement permanent, le licencement pour les militants et la prison. La déchéance de la nationalité en prime selon le cas. L'opposition est criminalisée. Ceux qui l'animent ont le choix entre l'exil ou la prison...

 La seule voix autorisées restent la voix monocorde du Rpp. Aujourd'hui devenu Rpp-Ump.

 Le Frud face à la situation politique actuelle.

 « silence ». C'est le mot d'ordre dans les rangs des membres du Frud sur la situation politique. Aucun commentaire sur la crise post électorale ni aucune réaction face aux multiples violences physiques répétées à l'égard de l'opposant djiboutienne. Pire, c'est à l'opposition, que le frud va chercher du tort, si l'on croit aux propos tenu par son pdt, lors dans son allocution à la convention de Rpp-Ump.

 Du côté du Président de l'Assemblée Nationale, membre du Frud, c'est le silence radio également sur ses agressions dont ont été notamment victimes deux députés de l'oppositions malgrés leur immunité parlementaire!

 La société politique à djibouti.

 Nous y reviendrons sur ce thème plus amplement pour une éventuelle contribution à l'étude du système politique djiboutien. Mais en préambule disant que le sytème politique à djibouti, se caractérise par un syndicalisme ethnique, une affinité élective ethnique. Celle-ci étant érigée en mode de gestion et de recrutement des élites politiques avec un système de parti unique, qui démeure le pésenteur constant des esprits et l'aune à laquelle sont jugées les loyauté et la légitimité.

Seul le renforcement des capacités de l'Etat, instrument de gestion et de régulation social, permettra de surmonter cette médiocratie structurelle.

 Pour être légitime l'Etat doit combattre l'arbitraire et respecter les régles et principes d'égalité et de justice. Aussi, un changement de «logiciel» s'impose pour le parti unique au pouvoir. Il faut entendre par là, un changement de mentalité et de gouvernance.

Faire preuve de civisme et de loyauté à l'égard de l'opposition. Entamer une marche vers une plus grande ouverture d'esprit et de tolérance à l'égard des opinions contraires. Convaincre au lieu de vaincre. Car une personne convaincu est vaincu alors qu'une personne vaincu n'est pas forcément convaincue. Une plus grande ouverture aux idées et valeurs du pluralisme critique est impératif. Cela permettra et favorisera une transition et une mutation politique pour un processus démocratique apaisés. L'oppression et la terreur détruient la politique et anéantisent la pluralité humaine. Ceux-ci conduisent et plongent les citoyens djiboutiens dans la résigantion et à la démission morale en tuant toute dynamique sociale. La somalie et d'autres pays en afrique en ont fait l'amére expérience.

  La réussite de toute transistion résulte d'une combinaison entre le respect et la mise en œuvre de grands principes, sans lequels il ne peut y avoir de démocratie. La paix grandit, se consolide et se renforce davantage sur le terreau de la justice.

Georgina Sanchez Lopez, a raison d'affirmer que «face à des évolutions aussi rapides qu'incertaines, des légitimités à construire, la démocratie reste à inventer avant de la perfectionner». Une transition démocratique entraîne l'abandon des anciennes régles du jeu politique et suscite l'apparition de nouveaux acteurs politiques et de nouvelles configuration stratégiques.

 La gestion des conflits par la voie démocratique n'est pas l'élimination des conflits.

Au contaire, c'est permettre aux acteurs politiques en présence de trouver une voix d'expression. John Rawls, théoricien de la justice, et un pationné de justice social, note que «chaque personne posséde une inviolabilité fondée sur la justice qui, même au nom du bien-être de l'ensemble de la société, ne peut être transgressé.

Pour cette raison, la justice interdit que la perte de la liberté de certains puisse être justifier par l'obtention, par d'autres, d'un plus grand bien.

Elle n'admet pas que les sacrifices imposés à un petit nombre puisse être compensés par l'augmentation des avantages dont jouit le plus grand nombre». J.R, propose une alternative contre l'arbitraire de la nature et l'héritage sociale, il s'agit de la théorie de la justice comme équité. Cette théorie nourrit une ambition égalitariste en s'attaquant aux idées qui sont la base et à l'origine du malaise social, l'utilitarisme.

  Vivre la République de Djibouti

 

1Front de Restauration de l'Unité et la Démocratie

2Rassemblement Populaire pour le Progrés – Parti au pouvoir depuis l'indépendance 1977